Les lundi et mardi des 18 et 19 mai à Tokyo ont constitué les premiers jours de risque soudain pour une grande sensibilité à la chaleur. Même si pas catégorisés sous le terme de canicule, ces deux jours associés à une intensité physique hors norme pour soi ont provoqué un coup de chaleur jamais vécu jusqu’à présent.
Des leçons brèves :
- Le corps signale un malaise et un risque à venir très tôt. Ces sensations tangibles dès 9h du matin étant dehors à ce moment ne sont d’aucune “utilité” si pas traduite en recommendation et prise d’action. A noter que les personnes accompagnées à ce moment dans un cadre professionnel un peu moins âgées que soi ont immédiatement basculé dans le déni de chaleur. “Non, moi ça va” et “je n’ai pas chaud” prennent invariablement le dessus.
- Soi-même n’est pas exempt d’inconscience. C’est en fin de journée lundi que j’ai “découvert” avoir marché en distances accumulées un peu plus de 16 km, ce qui correspond à peu près à plus du double d’une moyenne journalière semi-annuelle située autour de 7 km avec des pointes courantes en saison fraîche de 10 km.
- Le mardi, j’ai porté pour la première fois une veste courte munie de quatre packs de gel glacé qui ont donné une sensation de fraîcheur très localisée mais réelle pendant environ trois heures. Une bévue à corriger est que ce type d’équipement même si une solution temporaire ne change pas grand chose à la donne du ressenti corporel général. L’efficacité est bien entendu en question, mais la lecture impossible de la situation sur le vif, pas d’aide à juger, incompétence de jugement, situation professionnelle, fait que la prise de décisions et d’action pour se protéger est impossible.
L’analyse postmortem des données officielles pour ces deux journées est imparable, mais un postmorten vient après les dégâts. La conclusion est sans appel, mais avec toujours le doute que le LMM répond d’abord favorablement à une attente de confirmation : “c’est bien ce que je pensais!” Oui mais quoi? Précisemment, la sensation d’un risque. Concrètement, rien.
The data supports a clear narrative: two consecutive days of high solar radiation, warm temperatures, impaired overnight recovery, and sustained physical exertion in humid southerly conditions created the conditions for cumulative heat exhaustion. You felt hot from Monday morning because the thermal load was objectively high and relentless. Wednesday’s hospitalization fits the pattern of delayed presentation after two days of physiological depletion.
Le LMM corrobore aussi l’impression que ces deux jours - les conditions climatiques - étaient directement la cause - avec la non-prise de mesures de mitigation - d’un malaise aigu le mercredi, mentionné aux urgences mais perçu comme secondaire.
Si le déni de chaleur est le fait de pas concernés - réunion de moyenne urgence en costume cravate dans une salle ministérielle climatisée pour élaborer une recommandation sur l’hydratation - d’une manière générale, des personnes se portant bien - avec des signes le lendemain que ce n’était en fait pas le cas pour tous - le post-déni, où la perception du risque est flagrante, est une zone de grande confusion au niveau individuel. C’est dans cette zone que se situe la marchandisation de dispositifs de monitoring de soi à commencer par divers bracelets. Pour la littérature, le sujet majeur est la procrastination.














