Thursday, May 28, 2026

Postmortem - Mai 18-19



Les lundi et mardi des 18 et 19 mai à Tokyo ont constitué les premiers jours de risque soudain pour une grande sensibilité à la chaleur. Même si pas catégorisés sous le terme de canicule, ces deux jours associés à une intensité physique hors norme pour soi ont provoqué un coup de chaleur jamais vécu jusqu’à présent.

Des leçons brèves :

- Le corps signale un malaise et un risque à venir très tôt. Ces sensations tangibles dès 9h du matin étant dehors à ce moment ne sont d’aucune “utilité” si pas traduite en recommendation et prise d’action. A noter que les personnes accompagnées à ce moment dans un cadre professionnel un peu moins âgées que soi ont immédiatement basculé dans le déni de chaleur. “Non, moi ça va” et “je n’ai pas chaud” prennent invariablement le dessus. 

- Soi-même n’est pas exempt d’inconscience. C’est en fin de journée lundi que j’ai “découvert” avoir marché en distances accumulées un peu plus de 16 km, ce qui correspond à peu près à plus du double d’une moyenne journalière semi-annuelle située autour de 7 km avec des pointes courantes en saison fraîche de 10 km.

- Le mardi, j’ai porté pour la première fois une veste courte munie de quatre packs de gel glacé qui ont donné une sensation de fraîcheur très localisée mais réelle pendant environ trois heures. Une bévue à corriger est que ce type d’équipement même si une solution temporaire ne change pas grand chose à la donne du ressenti corporel général. L’efficacité est bien entendu en question, mais la lecture impossible de la situation sur le vif, pas d’aide à juger, incompétence de jugement, situation professionnelle, fait que la prise de décisions et d’action pour se protéger est impossible. 



L’analyse postmortem des données officielles pour ces deux journées est imparable, mais un postmorten vient après les dégâts. La conclusion est sans appel, mais avec toujours le doute que le LMM répond d’abord favorablement à une attente de confirmation : “c’est bien ce que je pensais!” Oui mais quoi? Précisemment, la sensation d’un risque. Concrètement, rien.

The data supports a clear narrative: two consecutive days of high solar radiation, warm temperatures, impaired overnight recovery, and sustained physical exertion in humid southerly conditions created the conditions for cumulative heat exhaustion. You felt hot from Monday morning because the thermal load was objectively high and relentless. Wednesday’s hospitalization fits the pattern of delayed presentation after two days of physiological depletion.



Le LMM corrobore aussi l’impression que ces deux jours - les conditions climatiques - étaient directement la cause - avec la non-prise de mesures de mitigation - d’un malaise aigu le mercredi, mentionné aux urgences mais perçu comme secondaire. 

Si le déni de chaleur est le fait de pas concernés - réunion de moyenne urgence en costume cravate dans une salle ministérielle climatisée pour élaborer une recommandation sur l’hydratation - d’une manière générale, des personnes se portant bien - avec des signes le lendemain que ce n’était en fait pas le cas pour tous - le post-déni, où la perception du risque est flagrante, est une zone de grande confusion au niveau individuel. C’est dans cette zone que se situe la marchandisation de dispositifs de monitoring de soi à commencer par divers bracelets. Pour la littérature, le sujet majeur est la procrastination. 


Friday, May 15, 2026

Vestes rafraîchissantes et canicule cruelle

 


Comme tout finit par du commerce, les vestes à ventilateurs incorporés, dispositifs Peltier et les plus simples vestes à poches pour y loger des sachets de gelées pré-congelées sont dans l’air du temps. 2026 va être l’occasion d’en tester. Si ce n’est pas encore le cas, les batteries portatives préchargées et les sachets congelés de remplaçage seront proposés en convenience store. 


En attendant, un nouveau terme qu’il faudra apprendre a été intronisé pour désigner un état d’hypercanicule : kokushobi (酷暑日), jours de chaleur cruelle, pour des températures de 40 degrés et au-delà, donc des ressentis proches de 50 avec l’humidité qui vient.

Thursday, February 26, 2026

Stepwells are back

 En Inde. 

Aussi, récemment appris que l’on se baigne dans la Seine en été dans le 77. 

Tuesday, February 10, 2026

Renée Gailhoustet

 Un article intéressant sur The Guardian avec une mention en passant mais importante de la canicule.

Architecture et verdure.

Sunday, February 1, 2026

Mesure d’évitement des canicules

 


Au sanctuaire Hikawa à Kawagoé. Pensée magique et commerce des amulettes. 

A lire : Paris face au changement climatique

 


Chez cet éditeur. Pour Tokyo?

A lire : Survivre à la chaleur

 



Survivre à la chaleur. 

Vivre avec le climat qui change

 


Colloque du Collège de France. Intéressant. Pas de perspective d’adaptation au niveau individuel?

Absence de politiques claires, de système de prévisions fines et d’alertes.


Sur la photo, la nouvelle bibliothèque du quartier de Koenji à Tokyo. Beau bâtiment, larges baies vitrées, inconscience climatique. Une serre conditionnée en toute saison.

Wednesday, January 21, 2026

Frais devant

 ” When asked about willingness to engage in initiatives toward a decarbonized society, 89.2% responded that they would like to participate “actively” or “to some extent.” On the other hand, 9.7% stated they “do not want to participate.” Reasons for this reluctance (multiple answers allowed), “I don’t know if it will be effective” was cited by 56.4%. Regarding the term “climate change adaptation”—efforts to prevent or mitigate natural disasters such as heatwaves and floods caused by climate change—51.6% stated they “did not know” the term, exceeding the 11.6% who stated they “knew” it.


Source : 90% Feel Summer Is Getting Longer, But Remain Reluctant to Take Action Against Global Warming

Monday, January 12, 2026

La canicule vécue

 


Imaginons une distribution géographique du nombre de décès attribuables à une vague de chaleur plutôt que la simple mention d’une température. 

Thursday, January 8, 2026

Pendant ce temps-là, au sud d’ici



 La température de l’hémisphère opposé est inversement proportionnelle à celle de l’hémisphère-ci. 

Le climat étant une affaire locale et même nationale - la France cuit au soleil tandis que l’Allemagne croûle sous la neige - il est impossible de s’imaginer par exemple l’Australie, sauf si y être.

Par contre, si l’on cherche heatwave, on trouve que cela a lieu maintenant loin d’ici comme cela aura lieu ici dans 7 mois loin de chez eux.

Article du The Guardian.

L’indigence des recommandations est par contre internationale, y compris l’iconographie axée sur le vitalisme - la population locale se situe entre 20 et 40 ans - l’exposition de corps sur la plage en plein cagnard “pour se rafraîchir”, l’absence de personnes âgées et de personne professionnellement exposées, sauf au moment de la publication des rapports de surmortalité, l’absence de l’ombre comme thème d’intérêt majeur, et l’éternel profil de quelqu’un explosant d’une sueur vitale en train de gober goulument de l’eau d’une pet bottle avec le soleil flouté en perspective. 


A noter : Jean Jouzel (ed). Climate emergency: a decivise turning point?. Comptes Rendus. Géoscience, Volume 357 (2025). doi: 10.5802/crgeos.sp.2 

En particulier, l’article La crise écologique comme fait social. Penser le gouvernement de la transition avec les sciences sociales.

Sunday, January 4, 2026

Lecture d’intérêt : Heat, A Global History



“ I argue that not only is there a difference in intensity between warming and heating, but also a crucial difference in kind: nobody really suffers from “global warming,” which is an abstraction. Instead, we suffer from more immediate causes of human distress—waves
of heat and cold, desertification, droughts, floods, storms, and more. In this book I argue that many scientific methods of accounting for heat, expressed through the shorthand phrases “global warming” and “climate change,”have actually desensitized us to environmental overheating. They are, ironically, part of the story of how the global middle classes grew numb as the world got hotter.”

Article édifiant sur Vox autour du déni de chaleur

 Heat is deadly. Why does our culture push us to ignore it.

Tough it out : 我慢する

L’article figure dans la série The Vox Guide to Extreme Heat, qui n’évite pas malgré tout les images d’illustration suggérant la résilience comme norme. Personnes à la plage, s’aspergeant du contenu d’une bouteille d’eau sur la tête avec le cagnard brillant en perspective. 


“In fact, heat has been associated with physical and emotional endurance since the earliest modern novels — Don Quixote was very much toughing it out on his way to tilt at windmills. Narratively and thematically, heat typically represents hot tempers, madness and paranoia, and a growing tension and unease that often leads to aggression. It also co-exists with the concept of coolness — of “never letting them see you sweat.”

One character who did let us see him sweat did so in a movie that embodies the concept of calm under pressure — Paul Newman as Cool Hand Luke. The 1967 classic saw Newman nonchalantly dripping all over the celluloid while delivering an iconic performance as an unflappable prisoner serving a brutal term under grueling, sweltering conditions. Newman typified idealized masculinity that only grows stronger when put to the test — a test that in Cool Hand Luke includes enduring the heat.

The idea that oppressive heat is a phase that has to be borne until it passes — usually thanks to a climactic “break” in the weather like a rainstorm — exists in the narrative DNA of too many stories to count. Novels from One Hundred Years of Solitude to The Great Gatsby to Atonement use heat as a structural and thematic device to intensify emotion and conflict, push things to a breaking point, and then generate catharsis.”

Saturday, January 3, 2026

Ouvrage d’intérêt : The Handbook : Surviving & Living with Climate Change

 


Auteure : Jane Rawson & others, 2015. Lien

 how to establish your risk and face your fears; where to live and with whom; and how to survive heat, fire and flood


Mot-clé : 避暑

 

Source de l’illustration.

避暑: éviter (fuir) la chaleur

Prononciation : hisho

避 hi : fuir, éviter 避ける sakeru

暑.  sho: chaleur, chaud 暑い atsui

避暑旅 hishotabi - littéralement, voyages pour éviter la chaleur. Il s’agit d’un site de l’opérateur de trains Japan Railway faisant la promotion de destinations dans le Japon où la température estivale est moindre qu’en plaines, soi généralement au-dessus de 900 mètres d’altitude.

A noter que sur l’illustration, l’index de chaleur utilisé n’est pas exprimé en température équivalente, ce qui constitue une stratégie pour noyer le poisson, la compréhension claire de ce que signifie un 39 degrés en août à Tokyo ressenti 47 degrés. On notera avec ironie et sans surprise que la page Wikipedia en japonais sur le thème met en garde ses auteurs sur le risque d’incompréhension de l’information dans l’état, cette page étant fournie en formules mathématiques. On n’oubliera pas non plus que 39 degrés désignent une température à l’ombre, tout comme 47, c’est à dire un ressenti qui serait expérimenté sous abris.

D’autres pistes à creuser en tirant par exemple le fil de cette page recensant des refuges climatiques pendant la saison chaude mis à dispositions dans l’arrondissement de Shinjuku à Tokyo. 

Expression clé : まちなか避暑地 machinaka hishochi

Dans le genre site lénifiant agrégatif inexploitable pour le commun se trouve la page du Climate Change Adaptation Platform - dite A-Plat.


 

Postmortem - Mai 18-19

Les lundi et mardi des 18 et 19 mai à Tokyo ont constitué les premiers jours de risque soudain pour une grande sensibilité à la chaleur. Mêm...